Lire le théâtre contemporain est souvent désarçonnant, surtout quand il déroge aux repères habituels, quand il propose d’autres visions de ce qu’est le « théâtre ». Comment ça se lit ? Comment ça se joue ? Quel espace/temps est ici convoqué ?, etc. : tous les enjeux essentiels à l’art dramatique sont remis en question, qui nous obligent à notre tour, nous autres interprètes (comédien.ne.s et/ou metteur.e.s en scène), à réinterroger notre art et nos pratiques.
Il faut pour cela « juste » prendre le temps de se pencher (à plusieurs) sur ces écritures de prime abord déroutantes voire « illisibles », les analyser, se laisser toucher par elles. Peu à peu, des univers apparaissent, des axes de travail se dessinent qui vont nourrir l’imaginaire des interprètes au plateau.
Afin de pouvoir petit à petit inventer une théâtralité qui pourra rendre compte concrètement de la singularité de telle ou telle écriture, de ses enjeux, de son regard particulier sur le monde et les étranges créatures qui l’habitent…
Nous nous consacrerons à plusieurs pièces courtes de Roland Fichet, Jon Fosse, Gilles Granouillet, Daniel Keene, B.M. Koltès, Patrick Lerch, Philippe Minyana, Mariette Navarro, Noëlle Renaude, Pauline Sales, etc. Des pièces de 10 à 20 mn chacune, d’une grande diversité d’écritures et de dramaturgies :
leur (dense) brièveté nous permettra de pouvoir les analyser à fond de A à Z, d’en nommer les enjeux spécifiques et d’imaginer comment y répondre au plateau, tant du côté de l’interprétation (et donc de la direction d’acteurs) que de l’espace, de la lumière, de l’univers sonore qu’il faudrait imaginer, convoquer pour donner corps à chaque univers poétique induit par ces différentes écritures ?
Chercher, essayer, tester, éprouver des pistes d’interprétation au plus près des poèmes-mondes…
Après un temps de travail d’interprétation à la table puis au plateau à l’Aquarium fin février et mars, le stage se poursuivra au CFPTS, à Bagnolet. Grâce au concours de jeunes apprentis régisseurs lumière
et son (qui y sont aussi en formation), nous profiterons de tous les outils techniques mis à disposition pour apprendre à construire une cohérence poétique entre le jeu des acteurs, la lumière et le son.
Comment la lumière, l’univers sonore accompagnent-ils le projet dramaturgique, épouse le jeu des acteurs ou au contraire le décale voire le contredise ? Et comment le jeu d’acteur est forcément amplifié
ou déplacé par la qualité de lumière et de son proposée ?
Ce stage s’adresse autant à des comédien.ne.s qu’à de jeunes metteur.e.s en scène (« jeunes » en expérience, pas forcément en âge !) qui auraient besoin de se confronter, à travers les questions de jeu, de dramaturgie, de technique, à de nouveaux enjeux artistiques. Pour ce faire, les comédien.ne.s
pourront évidemment s’initier à la mise en scène, et réciproquement.

Texte de Mariette Navarro (Quartett Editions) 
(commande d’écriture, en résidence à l’Aquarium soutenue par la Région Île-de-France
Mise en scène François Rancillac
Avec Andrea El Azan, Christine Guênon, Yvette Petit, Stéphanie Schwartzbrod, Lymia Vitte
Scénographie Raymond Sarti, costumes Sabine Siegwalt, lumière Guillaume Tesson,
son Tal Agam, assistante-stagiaire à la mise en scène Alexandra Maillot,
travail chorégraphique Marion Lévy, illusion et magie Benoît Dattez,
maquillage et coiffures Catherine Saint-Sever, réalisation des costumes Séverine Thiébault,
construction du décor Eric Den Hartog et Mustafa Benyahia,
peinture du sol Anaïs Ang assistée de Nathalie Nöel



du 27 février au 10 avril 2019